Envie de me recroqueviller dans un coin.
Envie de ne plus penser. de ne plus me juger moi-même, en bien ou en mal.
Et la lutte contre moi-même, harassante, doit reprendre. Pour garder un minimum de regard sur les autres. Un minimum d'objectivité.
Déjà pourtant, je suis dépassée.
la peur est là, empêchant toute raison, empêchant toute pensée. La peur déraisonnable, la peur irraisonnable, l'angoisse. L'angoisse de l'avenir, la peur de l'échec.
En regardant ces derniers mois, je ne vois que cela, une suite d'échec. Et la sensation de l'échec associée à la peur a la plupart du temps des résultats ravageurs...
La cage, la femeuse cage construite depuis si longtemps est toujours là. les démons, les fameux démons, le sont aussi. Rien n'a changé, tout est pareil. Et alors, pourquoi persévérer? Comment, d'ailleurs?
La lutte à peine reprise, je me sens déjà sans forces, alors...
je fais partie de cette foule qui a tout pour être heureuse, j'ai le syndrome du manque d'envie. Du je ne sais pas ce que je veux. Est-ce que je veux du soleil? mais il suffit pour cela de lever le nez. Le soleil brille pour tout le monde, pourvu qu'on sache le voir. Est-ce que je veux des instants agréables? Mais il suffit de relire mes notes sur l'Ombrie pour voir qu'ils ne sont pas si lointain que cela, les instants agréables. Pas plus tard que ce week-end, j'ai vu des tableaux magnifiques dans un musée.
Alors quoi?
Il ne faut pas regretter, et pourtant oui, je regrette. je regrette certains élans, récents ou non, souvent mal perçus, souvent mal exprimés, certainement. Exprimer ce qu'on ressent, il ne le faut pas, et je ne sais pas pourquoi je m'y obstine. Je regrette de ne pas suivre mes propres résolutions, bien que je déteste ce terme. Je regrette le narcissisme de cette note et des pensées qui vont avec, au risque de me retrouver plantée (c'est déjà le cas), soudée au sol, comme le Narcisse en question.
Il faut utiliser ses échecs pour aller de l'avant, mais les "il faut", il ne faut aller au-delà, ne pas les suivre aveuglément. Il ne faut pas se laisser prendre par les discours, mais il ne faut pas non plus les oublier. Il ne faut pas se perdre dans les contradictions, mais celles-ci ont quand même parfois du sens.
Il ne faut pas, il faut, tu dois, tu ne dois pas, là, il faut faire comme les autres, mais là non...
Je ne sais pas où est ma place. Je ne sais pas où la chercher. Et si je ne la trouve pas, je dois faire quoi?
humeur : note pour Pem : je t'épargne ta peine et te réponds tout de suite : non non, pas de nouveau râteau.
bande-son : les marteaux, il y a des travaux. ça martelle les murs comme les questions martelles dans ma tête.